Du 27 avril au 25 mai 2019

Lysa Bertholom

Exposition de peintures

Vernissage : samedi 27 avril - 18h

Rencontre avec l'artiste : vendredi 17 mai - 18h

Diplômée de l'Ecole Nationale Supérieure d'Art et de Design de Nancy (anciennement intitulée Ecole Nationale des Beaux Arts ), a étudié à l'université Saint-Charles Paris les Sciences de l'art Panthéon Sorbonne.
Enseignante en arts plastiques à l’ Université des Métiers à Laxou
Membre du collectif artistique "Les Ateliers des Sœurs Macarons" de Nancy

Robert Ryman a dit : "il n'y a jamais eu de questions sur que ou quoi peindre mais comment peindre ".
Se détourner de la restitution illusionniste de la réalité pour se concentrer essentiellement sur la peinture en tant que telle.
Le travail des aspects, de la gestuelle tant dans l'imprévisibilité que dans le contrôle, précèdent les cheminements de mon écriture plastique.
Cette volonté d'expression pure et libre s'affirme par une peinture avec une profusion de touches pensantes, attentives, colorées, vibrantes, définissant ainsi un nouvel espace. Un espace qui va au delà des limites de la toile.

C'est une immersion dans un espace informel ou frémit une lumière, lumière plus souvent obscure où vont s'activer une multitude de touches, jeu de présence et d'absence qui me permet de me réapproprier, de recréer mon rapport à l'espace.
Le format est grand, carré, espace idéal, de sorte que le regard ne sorte pas du champ périphérique. La toile ouvre un espace de pensée : on est dans un état d'esprit, on regarde l'espace et on se laisse transporter dans une sorte d'errance. Chaque tableau est un voyage dans un lieu indéfini : figure d'errance. L'indétermination d'un lieu précis fait que le promeneur s'invente des étapes où l'exploration est encore possible. Le stricte minimum de figuration permet l'improvisation. En 1937 Kandinsky écrit :
-" Le contenu de la peinture est la peinture.
Je veux bien reconnaitre que pour certains artistes, l'objet soit une nécessité bien que l'objet soit une adjonction à la peinture.
La conséquence en est qu'on ne considère pas l'objet comme indispensable à la peinture, il peut tout aussi bien être dérangeant comme c'est le cas pour moi, par exemple."

L'état d'errance est une disposition vécue dans la rêverie, la nostalgie, le voyage et la créativité artistique. On s'y jette, on s'en préserve elle peut être liée au pire, à la perte de soi ou à l'éloge de l'imprévu.
Dans cette incertitude qui guide mon cheminement plastique ma peinture peut se révéler vagabonde, aliénée, infinie ; c'est une errance nomade.
L'errance c'est aussi se perdre dans les dédales de la pensée : que faire, que dire, que devenir, qui être, c'est reconnaitre le provisoire de notre existence, être attentif au hasard, c'est une quête. L'espace véhicule l'idée que nous ne sommes que des grains de poussière.

L'importance de la couleur noire dans le processus de création.
Le noir n'est pas une couleur négative bien qu'elle soit généralement associée à la mort, aux ténèbres, aux cauchemars, au macabre... en Asie, par exemple, le blanc est la couleur du deuil.
La peinture noire est le matériau qui m'offre le plus grand nombre de propriétés : consistance, tonalité, transparence, luminosité, lieu de refuges, fantasmes, voyages, errances, lumières...
Au noir chaud s'oppose le noir froid, travail de la matière par superposition de couches à l'aide de différents outils où la texture ainsi obtenue donne la profondeur, la tonalité à la couleur et à la lumière.
Passer de la gestualité au glacis, de la touche impétueuse à l'application régulière dans le travail de la matière, travailler les aspects, les traces ; la trace formant une structure vivante.
Des têtes bien pensantes me définissent comme un peintre de l'abstraction lyrique. " Il faut se méfier du style " Rotko.
Je peins selon mes émotions, mes intentions, mes intuitions, mes blessures, mes incertitudes. Tel est mon cheminement.
J'ai besoin d'être réellement surprise et étonnée par mon travail, je sais alors qu'il y a quelque chose d'intéressant .Savoir s'approprier ou exploiter le hasard au cours du processus de mise en peinture.
Bien plus que d'essayer de justifier je laisse au passant la liberté de donner un sens à l'œuvre.